Beaucoup de cabinets se présentent comme indépendants. Le mot recouvre deux réalités différentes, et une seule a un sens légal. Les confondre, c’est risquer de croire qu’un conseil est gratuit ou neutre alors qu’il ne l’est pas.
Deux sens pour un même mot
Au sens courant, un CGP indépendant, ou CGPI, est un cabinet qui n’appartient pas à une banque, à un assureur ou à un réseau de distribution. Son capital est détenu par ses associés et il travaille avec plusieurs fournisseurs. Ce n’est pas un titre protégé : n’importe quel cabinet peut l’écrire sur son site.
Au sens réglementaire, l’indépendance qualifie le conseil, pas le cabinet. Depuis la directive européenne MIF 2, appliquée en France depuis janvier 2018, un conseiller en investissements financiers doit vous dire, avant de vous conseiller, si son conseil est fourni de manière indépendante ou non.
Un même cabinet peut donc être indépendant au premier sens et fournir un conseil non indépendant au second.
Ce que la loi exige d’un conseil indépendant
Pour qualifier son conseil d’indépendant, le conseiller doit remplir deux conditions :
- comparer un éventail suffisant de produits, variés par type et par émetteur, sans se limiter à ceux d’entreprises avec lesquelles il a des liens étroits ;
- ne garder aucune commission versée par les fournisseurs. S’il en reçoit, il doit vous les reverser en totalité. Seuls de petits avantages non monétaires, comme une formation ou de la documentation, restent admis.
En pratique, un conseiller indépendant est payé par vous seul, en honoraires. Le prix est connu à l’avance, et sa rémunération ne dépend pas du produit qu’il vous recommande.
Le conseil non indépendant
Ce n’est pas un défaut. Le conseiller peut alors percevoir des commissions des fournisseurs, à deux conditions : vous en informer, et que ces commissions servent à améliorer le service qu’il vous rend, par exemple un suivi régulier ou un accès à une gamme plus large.
C’est un modèle courant, y compris chez des cabinets qui se présentent comme CGPI. Ce qui compte pour vous, c’est de connaître le montant de ces commissions et de pouvoir le comparer à une formule en honoraires. Notre guide honoraires ou commissions détaille les deux modèles.
La comparaison
| CGPI, sens courant | Conseil indépendant (MIF 2) | Conseil non indépendant (MIF 2) | |
|---|---|---|---|
| Ce que le mot qualifie | Le cabinet et son capital | Le conseil fourni | Le conseil fourni |
| Rémunération | Honoraires, commissions ou les deux | Honoraires seuls, commissions reversées | Commissions possibles, déclarées |
| Choix des produits | Plusieurs fournisseurs, en général | Éventail suffisant, varié | Peut être plus restreint |
| Où le vérifier | Capital et réseau du cabinet | Document d’entrée en relation | Document d’entrée en relation |
Comment le vérifier
Le document d’entrée en relation. Le cabinet doit vous le remettre avant toute recommandation. Il indique ses statuts, son association professionnelle, la nature de son conseil, indépendant ou non, son mode de rémunération et ses liens significatifs avec des fournisseurs.
La lettre de mission. Elle reprend le prix de la mission et la façon dont le cabinet sera payé sur ce qu’il met en place.
Le capital du cabinet. Pour l’indépendance au sens courant, demandez qui détient le cabinet et s’il appartient à un groupe ou à un réseau. Les sociétés sont consultables sur l’annuaire des entreprises de l’État.
Le registre de l’ORIAS. Il confirme le statut de CIF, sans rien dire de l’indépendance. Notre guide vérifier un CGP explique la recherche.
Deux questions suffisent souvent à clarifier les choses :
- Votre conseil est-il indépendant au sens de MIF 2 ?
- Sinon, combien percevez-vous, en euros, sur ce que vous me recommandez ?
L’assurance vie, un cas à part
L’assurance vie, le PER assurantiel et la prévoyance ne relèvent pas de MIF 2 mais de la réglementation sur la distribution d’assurance (DDA). La notion de conseil indépendant n’y existe pas sous la même forme. Le cabinet doit vous dire s’il fonde son conseil sur une analyse impartiale d’un nombre suffisant de contrats, et vous informer de sa rémunération.
Un cabinet peut donc fournir un conseil indépendant sur vos placements en comptes-titres et percevoir des commissions sur une assurance vie. Posez la question pour chaque type de produit.
Lequel choisir
Un conseil indépendant convient si vous voulez séparer le conseil du produit et payer un prix visible. Il est d’autant plus intéressant que les sommes en jeu sont importantes, car les honoraires restent fixes alors que les commissions grandissent avec l’encours.
Un conseil non indépendant peut convenir pour des montants plus modestes ou si vous préférez ne rien payer directement, à condition de connaître le coût réel. Dans les deux cas, comparez les offres en euros, sur la même durée.
Trouver un cabinet
Sur chaque fiche de l’annuaire, la rubrique rémunération reprend ce que le cabinet déclare : honoraires, commissions, les deux, ou non affiché. Un cabinet payé en honoraires seuls est le plus proche du conseil indépendant. Vérifiez-le ensuite dans son document d’entrée en relation.
Partez de votre ville, par exemple les CGP à Lille, les conseillers financiers à Strasbourg ou les cabinets de gestion de patrimoine à Toulouse, ou de la sélection 2026.